Papouasie-Nouvelle-Guinée: Festival du Golfe


Les gens du Golfe n’ont pas beaucoup de possibilités de participer aux sing sing, festivals traditionnels organisés dans d’autres provinces. Participer au Festival du Masque dans la province du Golfe est une occasion rare d’apercevoir la culture unique de cette région de Papouasie-Nouvelle-Guinée.


 

Festivals de Papouasie-Nouvelle-Guinée: Province du Golfe

Après un trajet quelque peu mouvementé avec nos 4 × 4 et avoir réussi à déjouer plusieurs empêtrements dans la boue, nous arrivons quelques heures plus tard au petit village de Toare qui accueille le festival du Masque du Golfe. Un festival unique en Papouasie-Nouvelle-Guinée.

Guirlandes de fleurs autour du cou, applaudissement des gens tout autour et discours en notre honneur. Nous nous sentons comme la famille royale, dans le style Prince William et Kate Middleton qui rendent visite à un pays du Pacifique.

Ceux qui s’intéressent à la culture mélanésienne ont surement entendu parler du célèbre Festival de Hagen et de Goroka. Des admirateurs plus fervents de cette culture vibrante et unique de PNG sont certainement familiers avec le Enga Show, le Crocodile Festival du Sepik ainsi que d’autres festivals organisés en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Cependant, ces festivals qui accueillent une variété de tribus de plusieurs régions de Papouasie-Nouvelle-Guinée, n’ont généralement pas l’occasion de voir les performances de la province du Golfe.

Bien que la province du Golfe ne soit pas entièrement isolée, c’est une région éloignée. Située sur la côte sud de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, les rivières et la mer sont les moyens de transport les plus populaires dans le Golfe. La région est à peine desservie par les routes. Durant la moitié de l’année les vents du sud-est rendent la mer si agitée que les petits bateaux restent à terre la plupart du temps – le voyage en mer peut être périlleux.

Son éloignement a contribué à l’unicité de la culture du Golfe, ce qui la distingue des autres régions de Papouasie-Nouvelle-Guinée. Bien que le risque de disparition de la culture du Golfe existe sous l’impact de la mondialisation invasive mais comme ailleurs dans le pays, elle est toujours en vie. Ce festival est par excellence à expérimenter.

Le Festival du Golfe est une initiative d'un petit groupe de personnes qui veulent préserver la culture de leur patrie. Leurs motivations, leurs passions et leurs énergies ont abouti à ce festival vraiment unique.

En devenant amis avec l’un d’eux, Vincent, nous pouvons admirer son enthousiasme et sa détermination à montrer sa culture aux étrangers.

Chaque enfant et chaque chien du village semblent savoir que nous venons pour le festival. Les artistes sont prêts, mais tout le monde nous attend. Certains habitants se sont rassemblés sur la plage en nous regardant en arrivant.

Avec nos guirlandes colorées de fleurs placées autour du cou, nous sommes invités sur la tribune VIP pour un accueil spécial. A l’annonce des derniers groupes de danseurs, un battement rythmique et puissant donne le signal pour commencer le festival. La place est maintenant occupée activement par les danseurs portant une tenue traditionnelle colorée, ainsi que des masques élaborés et des coiffures étonnantes.

Les danses traditionnelles et les sing sing sont l’essence même de la culture du Golfe. Les masques géants, décorés de façon complexe, sont la marque des gens du Golfe et sontd fièrement exhibé pendant leurs danses traditionnelles. Les festivals de Papouasie-Nouvelle-Guinée sont toujours des événements animés, très colorés et riches en surprises, et le Festival du Masque du Golfe ne fait pas exception.

Les masques aux détails soignés varient dans leurs formes et leurs styles, et sont synonymes d’appartenance à leurs clans et tribus. De nombreux masques sont fabriqués à l’aide d’un cadre en canne couvert d’un tissu à base d’écorce, connu sous le nom de tapa, et peint avec des motifs particuliers.

Un groupe de femmes vêtues de jupes en herbes, balancent gracieusement leurs hanches aux battements des kundus, tambours traditionnels de Papouasie-Nouvelle-Guinée.

Les jupes, souvent décorées de coquilles, sont la fierté des femmes locales. Elles sont fabriquées à partir de jeunes fibres du palmier de sagou qui poussent en profusion dans la province du Golfe, ainsi que le pandanus, la banane et d’autres fibres naturelles. Les fibres collectées sont trempées dans l’eau pendant quelques semaines et teintes avec des couleurs naturelles telles que les racines et les graines des arbres. Attirés par des couleurs vives, aujourd’hui, beaucoup de femmes utilisent des colorants artificiels chinois.

Les danses envoûtantes des femmes sont suivies d’un groupe de jeunes garçons et de filles, peints en ocre vif encensant le public de leurs chansons traditionnelles.

Les danseurs aux masques géants intriguent avec leur danse spéciale.

Certains, aux allures de guerriers dansent et ondulent avec leurs longues lances.

Un groupe de jeunes filles se joint bientôt aux autres.

Nous sommes littéralement hypnotisés par les danseurs et incapables d’en détourner nos yeux. Plusieurs heures sont passées sans que nous le remarquions malgré le soleil brûlant.

Le festival est une occasion pour les locaux de se réunir et de s’amuser, mâcher le buai (noix de betel), rencontrer des amis et, bien sûr, de regarder les performances. Certains encouragent leur famille ou leurs amis, qui se produisent aujourd’hui. La performance est prise au sérieux, et les locaux aident à ajuster méticuleusement tous les détails des costumes et de la peinture corporelle.

Mer bleue et plage de sable à près du village de Toare, amplifie les charmes de ce festival.

Les festivités sont maintenant terminées, mais les gens ne sont pas pressés de se débarrasser de leurs superbes costumes et masques et de rentrer chez eux.

Nous ne sommes pas pressés non plus. En parcourant le village, nous rencontrons rapidement des locaux amicaux qui nous montrent les alentours. “Suivez-moi” nous fait signe un des villageois. Nous sommes invités à le suivre. C’est la maison de quelqu’un et Il n’y a pas de lumière, mais une fois nos yeux habitués à l’obscurité, nous pouvons voir de beaux et vieux masques traditionnels du Golfe et des planches de gope. C’est une occasion d’en apprendre un peu plus sur la culture et les traditions du Golfe.

Les planches de gope sont des objets rituels en bois de la province du Golfe. Les panneaux Gope varient en taille, mais ils sont traditionnellement de forme elliptique, sculptés avec des motifs abstraits et des figures stylisées et sont peints avec des ocres naturelles rouge et blanche. De nombreux plateaux de gope représentent les esprits ancestraux protégeant les tribus des esprits malins, de la maladie ou même de la mort. Dans la culture du Golfe, les planches de gope étaient traditionnellement utilisées lors des raids sur d’autres tribus et des expéditions de chasse à l’homme. Ils étaient consultés pour connaître quelle tribu attaquer et étaient confiés aux guerriers pour une conquête réussie.

Il y a bien longtemps que les rhombes ne sont plus utilisées pour communiquer à grande distance. Bien que celle-ci soit maintenant remplacée par les téléphones portables, on en trouve encore dans les maisons du village et les gens sont fiers de nous les montrer.

Maintenant, nous commençons à nous sentir fatigués, la journée fut chaude et toutes ces activités nous ont lessivés. Nous sommes environ douze occidentaux, tous amis, et les habitants sont occupés à essayer de nous accueillir avec le plus grand confort qu’ils peuvent offrir. Bientôt, notre B&B improvisé a été arrangé. Les gens sont fiers de nous montrer notre place d’accueil.

Nous passons la nuit chez une famille sympathique, dans une maison typique sur pilotis juste à côté de la plage.

Alors que nous nous installons à l’intérieur de la maison, nos amis, un couple avec trois enfants, semblent bien préparés. Nous n’avons toujours pas fini d’accrocher notre moustiquaire, lorsque leur tente géante est installée près de la maison. Comme un objet extraterrestre. Elle devient le centre d’attention des enfants locaux curieux. Un à un, ils regardent à l’intérieur de la tente et se mettent à rire, essayant probablement de comprendre comment cela fait de dormir à l’intérieur. Certains habitants se joignent aux enfants pour voir ce qui se passe.

Assis autour du feu avec nos hôtes, nous finissons la soirée avec le repas et les boissons fraîches apparaissant mystérieusement de l’esky de nos amis. Nous racontons nos impressions du festival et ils nous racontent leur vie dans le village et la culture du Golfe. Nous constatons que, traditionnellement, les hommes dormaient dans des maisons longues ou maisons des hommes, tandis que les femmes restaient dans de petites cabanes extérieures. La maison des hommes était l’endroit où les hommes passaient leur temps ensembles et où ils gardaient leurs armes, les crânes de leurs ennemis et d’importants objets de rituels et cérémoniels. Mais aujourd’hui, cette tradition a presque disparu. Maris et femmes vivent ensemble.

Dans la matinée, nous sommes accueillis à la fois avec un petit déjeuner au sago et une danse improvisée. Le sago, est un des aliments de base du peuple du Golfe. C’est une plante aux allures de palmier, appelé sago. La substance mangeable est une fécule qui est extraite du tronc du sagoutier. Ce palmier pousse merveilleusement bien sur les côtes de cette province de Papouasie-Nouvelle-Guinée. Pour certains d’entre nous, c’est définitivement une découverte culinaire. On aurait bien aimé avoir du Nutella pour mettre sur les crêpes de Sago comme on a fait lors de notre voyage au Sepik.

Nous avons à peine terminé notre petit-déjeuner que les filles sont habillées avec des jupes d’herbe colorées. Bientôt, nous nous trouvons à danser aux rythmes des sons dynamiques de la musique.

En plaisantant au début à propos de la visite royale, nous nous rendons compte que nous avons effectivement reçu un accueil royal par ces personnes cordiales et chaleureuses. Même s’ils n’ont pas beaucoup de biens matérielles, ils ont beaucoup plus – ils ont leur remarquable culture dont ils sont déterminés à conserver.

Information Pratique

Dates: Le festival du masque du Golfe est un événement d’une journée et à lieu en général début juin. Pour connaître les dates exactes du festival, contactez Vincent Ehari, au + 675 70138410 ou par email.
Il faut garder en tête que les gens de PNG changent souvent de numéro. Sinon il est possible de contacter le Papua New Guinea Tourism Promotion Authority.

Lieu: Le festival du masque du Golfe se tient dans le petit village de Toare dans la province du Golfe situé sur la côte sud de la Papouasie-Nouvelle-Guinée.

Comment se rendre au village de Toare:

Le village de Toare se trouve à seulement quelques kilomètres de Kerema, la capitale de la province du Golfe, située à 300 km de Port Moresby (environ 4h en voiture).

Bien que Kerema soit facilement accessible par PMV (Public Motor Vehicles) de Port Moresby, les PMV ne vont pas au village de Toare. Mais les organisateurs du festival peuvent arranger le court trajet jusqu’au village de Toare.

Cependant, l’option la plus confortable, la plus simple et la plus sûre (mais plus coûteuse) est d’organiser le transport directement au village de Toare avec les organisateurs du festival. Si vous préférez louer une voiture (onéreux en PNG) ou que vous êtes un expatrié avec votre propre voiture, l’escorte de sécurité peut également être organisée par les organisateurs du festival. L’escorte de sécurité signifie que vous conduirez dans un convoi avec une autre voiture appartenant à certains membres du comité du festival. Au moins, c’est ce que nous avions.

Ne manquez pas ce festival unique, surtout si vous êtes expatrié en Papouasie-Nouvelle-Guinée avec votre propre véhicule.

Où se loger et manger: Toare est un petit village situé sur la plage. Bien qu’il n’y ait pas de chambres d’hôtes disponibles, un séjour dans la maison de quelqu’un, avec la nourriture locale fournie, peut être facilement arrangé. Rester avec une famille amicale sera un autre point fort du festival.

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Écrit par
Errol & Olga

Écrit par ANYWAYINAWAY

Olga et Errol est le couple Russo-Suisse derrière ANYWAYINAWAY. Passionnés par la culture et les traditions, ils ont décidé de faire une pause dans leur carrière et d'explorer le monde avec l’intention de fournir de nouvelles perspectives à la compréhension des minorités ethniques, des coutumes, des traditions et des cultures. Ils montrent également de la beauté de notre planète et essaient de trouver quelque chose d'intéressant dans l'ordinaire.

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